C’est la phase finale avant de
redonner l’instrument avec une qualité d’émission optimale dans les mains du
musicien. Le but est d’arriver au point d’équilibre. Equilibre entre les
fréquences basses et aigues ; équilibre entre les attentes du musicien et
les possibilités de son instrument. Le réglage est donc déterminé parla compréhension entre musicien et luthier, mais
aussi par la qualité du montage réalisé en amont (de la qualité intrinsèque de
l’instrument évidemment). Je tiens à souligner l’importance de la terminologie
car elle permet, employée à bon escient, d’expliquer et de comprendre les
problèmes et les souhaits d’un coté, les contraintes techniques de l’autre.
Aussi, afin de mieux cerner les
difficultés auxquelles sont confrontés les musiciens, il me semble primordial
de pouvoir tester soi-même un instrument, (un acquis technique suffisant et une
oreille fine seront des outils nécessaires).
Jeune virtuose jouant un Stradivarius de 1716.
Le MONTAGE comporte :
les Ajustages des chevilles
(accord des quintes …justes), de l’âme et du chevalet,
le Dressage de touche et sillets,
le
Choix des angles, hauteurs de
renversement et depoiriette (inclinaison
latérale de la touche) ainsi que de l’appui
l e
Choix des cordes (métal, nylon, boyau, les diamètres) cordier et attache
(longueur et matériau)
Le CHEVALET : sa
position est déterminée par la longueur des cordes vibrantes et donc peu variable
(crans d’ff).Son épaisseur et ses ouvertures sont variables (modèle français ou
belge) et peuvent modifier la fréquence. Dans tous les cas, il doit résister à
la pression des cordes sans se déformer prématurément.
L’AME : sa place
et son forçage sont libres dans une certaine mesure, et conditionnent la
dynamique et l’équilibre sonore. (diamètre peu variable).
La BARRE d’harmonie est collée, elle détermine la puissance
des basses et permet à la voûte de résister à la pression des cordes tendues. Il
est parfois nécessaire de réajuster une barre neuve (tous les 50 ans …)
Au cours du réglage, il est impératif de tenir compte :
des
conditions atmosphériques (hygrométrie)
de l’état de conservation (usures,
déformations, fractures)
de la
conception originelle de l’instrument (structure du bois, de la voûte, du
vernis)
de
l’état de stress du musicien (concours, concert)
J’ajouterai qu’il est nécessaire d’utiliser des cordes
neuves.
Optimiser
un réglage (rapport entre projection intensité,
liberté dynamisme, précision équilibre) demandera
au luthier de maîtriser les
multiples paramètres qui influenceront le résultat
sonore. Sa capacité
d’analyse, ses connaissances et son expérience guideront
ses choix. .Il aura
besoin de concentration, de discernement, d’objectivité,
et de
sensibilité ; qualités parfois difficile à
réunir compte tenu des désirs manifestés et des besoins légitimes des musiciens d'aujourd'hui.
C’est dans un cadre de confiance et de respect mutuel que
les conditions de réussite d’un bon réglage seront à même d’aboutir.
François-Joseph
Pommet
96, Boulevard Saint Marceaux - 51100 REIMS - FRANCE
Tél. : (+33)03.26.88.70.63 - envoyer un message